Mieux comprendre le Post-partum

Tout le monde connaît la crise d’adolescence. Cette crise identitaire que vivent les enfants, bercés entre la jeunesse et une redéfinition de soi, cheminant vers l’adulte qu’ils seront. Cette crise hormonale qui modifie physiquement leur cerveau et qui les fait grandir.

C’est exactement la même chose qui se produit dans le cerveau de la femme lors de sa transition vers son rôle de mère. Physiquement, la femme vit un important remaniement du moi et doit se définir en tant que mère. Je comprends maintenant pourquoi je ne me sentais pas comme une maman encore, comme je le racontais dans mon article « Je n’ai pas honte de le dire… ». Ce changement, telle la crise d’adolescence, prend du temps. La différence majeure étant que pour la mère, sa situation change en quelques minutes seulement. Il est normal que par la suite, le cerveau ait besoin de s’adapter malgré l’arrivée de bébé.

Parlant de prendre du temps; guérir d’un accouchement prends du temps également. Nous avons en tête qu’après un accouchement, on doit perdre notre petit surplus de poids dans le mois à venir (ou peu importe quel défi nous nous imposons). Mais il faut comprendre que le corps nous impose un ralentissement, et que l’on se doit de l’écouter pour qu’il se remette de cette épreuve. Cette baisse de tonus ou ce ralentissement après l’accouchement ne doit pas être confondu avec dépression! – 1

Plusieurs facteurs physiques et psychologiques peuvent mener à une dépression post-partum : facteur hormonal, facteur héréditaire, fatigue, grossesse difficile, accouchement difficile, déséquilibre neurotransmetteur, anomalie congénitale, monoparentalité, manque de soutien social, problèmes conjugaux, une mauvaise préparation à la grossesse, un état pré-partum fragile, des antécédents de dépression, l’image qu’a la femme d’une mère ou d’un enfant modèle, des soucis financiers, des craintes devant son bébé ou sa compétence de mère, des évènements stressants dans les 12 derniers mois, problèmes d’adaptations, grossesse non désirée, perte d’attention sociale, isolement, et j’en passe …

Quelques données en vracs :

  • De 60 à 80% des femmes connaissent un épisode de déprime post-partum.
  • Il existe plusieurs niveaux de déprime passant du  baby blues à des troubles beaucoup plus graves tels que la dépression psychotique post-partum (apparaissant entre 3 et 10 jours), un trouble maniacodépressif périnatal et la schizophrénie ( apparaissant entre 1 et 6 mois).
  • 1 ou 2 femmes sur 1000 vivront un épisode de trouble post-partum grave.
  • C’est dans l’année suivant l’accouchement qu’une femme est plus à risque de commettre un suicide (un taux 70 fois plus élevé qu’à tout autre moment de sa vie)
  • Le suicide est la première cause de mortalité maternelle.
  • Les femmes ayant déjà eu des problèmes mentaux par le passé sont plus à risques de commettre un suicide et/ou l’infanticide.
  • La dépression peut être dépisté grâce à une prise de sang, puisqu’il y a une baisse important de sérotonine dans le sang).
  • Seulement 60% des cas de dépression, seulement sous médication, guérissent.

Bien qu’il est crucial d’établir un bon diagnostic pour prévenir les cas de troubles post-partum graves, encore faut-il que la mère passe par dessus les tabous et la honte pour dire franchement l’importance de ses symptômes. Comme la dépression est une maladie mentale et physique, les chances de guérisons sont plus qu’excellentes lorsque le traitement physique est jumelé à un suivi en psychanalyse.

N’hésitez pas à en discuter avec les nouvelles mamans. Aidez-les à s’ouvrir, à comprendre cette période de grand bouleversement, et à accepter leur situation. Éventuellement nous serons en mesure de vaincre les tabous, éduquer la société et accompagner adéquatement les nouvelles mamans dans leur post-partum.

J’en profite pour joindre deux tests qui sont fréquemment utilisés par les professionnels de la santé afin d’évaluer le bien-être psychologique de la nouvelle maman. Je vous invite à y répondre le plus fidèlement possible, et à parler de vos résultats à vos proches ou à un professionnel de la santé!

#Vaincrelepostpartum

 

questionnaire sur la santé du patient

avec bebe tout n'est pas toujorus roseéchelle d'edimbourg

1 – Fait intéressant : Au Japon, la coutume veut que la femme ayant accouché reste au lit pendant un mois. Durant ce mois, les mères, soeurs, cousines et tantes se relaient pour prendre soin de la jeune mère et de la maison. Ainsi, elle peut prendre le temps de guérir, de se reposer et d’apprivoiser son bébé. 

Source : Du post-partum à la dépression : Renaître après la naissance. De Nathalie Parent et Joanne Paquet, Les éditions Québec-Livres 2014