La nature des choses

Hier j’étais heureuse, je pensais que la tempête était terminée. J’étais épanouie et bien dans ma peau. Pourtant ce matin, le blues me prend, encore une fois. On ne repart pas à zéro, mais c’est tout comme…

Personne ne le sait, sauf moi. Lorsque j’en parles, on me dit : « Ah… ah bon. Ça ne paraît pas… » avec une petite touche d’incompréhension et de scepticisme. C’est bien ça aussi le problème. Un mal en dedans, même si l’on ne fonctionne plus comme on le devrait, les autres n’en ont aucune idée. Pourtant, il y a bel et bien quelque chose en nous qui est brisé.

Si j’étais une maison, l’inspecteur dirait que ma fondation est fissurée, que ça se répare, mais qu’elle peut revenir. Que la fissure peut être plus importante que ce que l’on voit, et dans ce cas, c’est toute la structure qui peut en être affectée. Est-ce que la réparation va tenir bon? Combien de temps? On ne sait pas, mais l’historique reste la même : bobo en dedans.

Je me suis demandé d’où ça vient, le mal. Pourquoi un moment ça va, et l’autre non? Pourquoi soudainement tout devient aussi grave et pesant au plus profond de mon moi? Ça va durer combien de temps ce manège? Oui, ça touche tout mon entourage. Mais la personne qui en est le plus affectée, c’est bien moi…

Et j’ai compris…

Nous sommes tellement pressés et habitués de « tout avoir au bout d’un clic », que tout élément de notre vie doit avoir une date de fin établie, surtout les choses les moins heureuses. Le dodo est à une heure établie, la grippe doit durer une semaine, la date d’accouchement est établie (et si l’on dépasse on s’inquiète comme si on n’allait jamais accoucher!), et même lorsqu’un de nos proches est sur le point de partir, on demande « Combien de temps il lui reste? »…

La réalité en est tout autre, et malheureusement nous avons oublié notre véritable nature. Le temps est un concept moderne que l’on a inventé pour des raisons évidentes, mais qui n’ont rien à voir avec la nature. Pensez à votre enfant, à quel point le temps lui importe peu, tout ce qui lui importe c’est le moment présent et le plaisir qu’il en tire. Il vit sans se soucier de la minute qui vient. L’heure du coucher? S’il n’a pas sommeil, c’est le dernier de ses soucis! Il profite de la vie, tout simplement. Entre nous et notre enfant, sur ce point, c’est lui qui a raison.

Aujourd’hui, j’ai compris que je dois prendre mon mal en patience (et l’expression prend vraiment tout son sens ici!). Je dois respirer calmement, et accepter le fait qu’aujourd’hui c’est comme ça, et je dois chercher à trouver le plaisir plutôt que de subir la gravité. Faire de mon mieux au quotidien et je me dis que demain est un autre jour. Je ne peux rien y changer dans l’immédiat, alors je tâche de le vivre sans me laisser envahir par cette lourdeur accablante. Je m’occupe l’esprit, je chasse la dépression en me donnant le droit de jouer avec mon bébé malgré le linge à plier, malgré le balai à passer, malgré la vaisselle à faire. Je me donne le droit de prendre une marche et de profiter de l’automne. C’est rassurant de savoir que tout ça existe réellement, et que ce n’est pas « juste dans ma tête ».

Octobre – Les Cowboys Fringants

Y’a tout l’temps quatre ronds d’allumés
Sur l’feu d’mes ambitions
A force de m’dépasser
J’me perds moi-même dans l’horizon
S’en faire pour tout et rien
Jouer du coude pour garder sa place
A vivre que pour demain
Je n’fais que survoler mes traces

Et octobre vient de passer en coup d’vent
Une autre année où je n’ai pas pris le temps
De voir l’automne s’effeuiller tranquillement

Il n’y a point de repos
Pour l’éternel insatisfait
Ceux qui en veulent toujours trop
Récoltent souvent que des regrets
Y’a des jours où j’me dis
Que je marche à côté d’la vie
Je la salue de loin
Sans jamais croiser son chemin

Et octobre vient de passer en coup d’vent
Une autre année où je n’ai pas pris le temps
De voir l’automne s’effeuiller tranquillement

Toujours plus vite, être à la course
Exister sur le pouce
Pogné dans l’tourbillon
Je pédale après quoi au fond
On veut tous s’arrêter
Mais on est happés comme des cons
Par ce monde de cinglés
Qui fait qu’on regarde plus les saisons

Et octobre vient de passer en coup d’vent
Une autre année où je n’ai pas pris le temps
De voir l’automne s’effeuiller tranquillement…

À chaque fois que j’entends cette chanson des Cowboys Fringants, je trouve notre réalité triste et notre existence futile. Peut-être que la dépression post-partum a du bon en fait, si elle fait en sorte que l’on s’arrête pour profiter de l’instant présent avant que l’enfance de nos protégés nous glisse entre les doigts. Une cause à effet de notre rythme de vie effréné, un gros « STOP » que nous impose la vie avant qu’on passe tout droit. Le moment de se réinventer et de trouver notre rythme.

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Octobre 2016, randonnée au Mont Saint-Hilaire. Béatrice a 9 mois.

Je sais que ce n’est pas une tâche facile, de chercher à voir le bon quand ça ne va pas, mais au bout du compte, on s’en sort grandit et plus fort.

Il faut se donner le droit d’en parler, se donner le droit de ne pas bien aller. Aller chercher de l’aide n’est pas synonyme de faiblesse, mais de force.

Si tu recherches le soutien et le courage de sortir de ta routine, le groupe Free the Baby est là pour toi. ❤

 

 J’ai entendu dire que pour les Amérindiens, les montagnes sont magiques. Lorsque l’on a un problème, il suffit de gravir une montagne pour voir ce dernier disparaitre. L’ascension est salutaire et nettoie le corps et l’esprit. Plus haute est la montagne, plus son effet sur vous est grand.

 

 

 

Le Ciné-Parc…

L’une des activités d’été favorites de mon conjoint est sans contredits le ciné-parc. À peine la saison estivale débutée que le « Quand? » se fait entendre! Je le dis toujours, une sortie familiale demande préparation… Bon, ici on parle de petite préparation, mais quand même, voici la recette de la sortie au ciné-parc :

  • Ramasser la voiture (parce que les bottes d’hiver ou les tonnes de Kleenex ne sont pas les bienvenues dans l’activité!)
  • Sortir les couvertures, oreillers, sacs de couchage, vestes, manteaux… Tout pour rester au chaud!
  • Les chaises pliantes de maman et papa
  • Préparer des petits jus et collations (et un sac pour les déchets!)
  • Sortir les jeux pour patienter (le ballon de soccer est notre grand champion!)
  • Choisir le porte-bébé idéal pour l’occasion (mon choix : le préformé)
  • Prévoir le sac à couche en fonction de bébé
  • Nettoyant pour vitre et débarbouillette pour laver la vitre « au cas où »
  • Une trousse de premiers soins
  • Bâton lumineux (parce que c’est spécial, et qu’on risque moins de perdre nos enfants dans le noir!)

Bien entendu, le tout se prépare la veille au soir, quand les enfants sont couchés (à moins qu’on aime vraiment les défis!). De plus, cette tactique permet de faire le tout en cachette. Ce qui est l’idéal si, comme moi, vous préférez garder la surprise. En fait, je dis surprise, mais c’est plutôt que je me garde la chance de changer d’idée à la dernière minute (pour cause de température, maladie ou autres imprévus de la vie) sans toutefois décevoir les enfants!

Le jour « J » arrive, et le gros plaisir débute…

1-L’arrivée

Premièrement, NE PAS FAIRE CHOISIR LE FILM AUX ENFANTS! On risque de se retrouver avec un qui veut voir « Angry Bird », un qui veut voir « Capitaine America » et l’autre qui veux voir « tout sauf ce que Charles-Azarie veut voir! ». Alors, on évite l’épuisement de l’argumentation et les parents choisissent le film! Ceci étant dit, je vous conseille fortement d’arriver assez tôt pour avoir une place de choix. Par place de choix, je veux dire : près des toilettes! C’est bien connu, tant que les enfants seront éveillés, n’espérez pas suivre l’histoire du film! Alors on essaie au moins de s’éviter des expéditions de 30 minutes aux toilettes!

2 – L’installation

Cette partie nécessite une rapidité d’exécution de la part d’un parent, et un sens du divertissement de la part de l’autre parent! Armée de mon porte-bébé et du fameux ballon de soccer, je pars avec mon troupeau en direction d’une zone sécuritaire. Ici, on joue au petit train histoire de s’assurer de ne pas en perdre un en chemin, et go, on en met un dans le but imaginaire et on s’amuse! Papa a un gros dix minutes pour organiser l’auto (puisque c’est écrit dans le ciel qu’un de la gang va s’écorcher les genoux sur l’asphalte – d’où la trousse de premiers soins -, et que l’activité va être mise sur pause le temps d’un diachylon). Alors, le plan de match est de sortir les sièges d’enfants de la banquette arrière qui est « Stow and Go », et transformer cette section en gros lit géant pour les enfants. Les sièges d’auto peuvent être utilisés comme chaises extérieures, ça fait des chaises pliantes de moins à trainer « au cas où » les jeunes jouent à la chaise musicale, en plus de simplifier l’étape 4!

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3 – Le visionnement

Comme je l’ai dit plus haut, suivre l’histoire est pratiquement impossible tant et aussi longtemps que les enfants ne tombent pas endormis. Et si vous êtes chanceux, ils écouteront le film sans trop déplacer de l’air. Dans le cas inverse, les collations sont là pour vous aider! Étirer les collations le plus longtemps possible afin de les garder occupés un bon moment! Il y a aussi quelques jeux pour favoriser le silence ou le repos : le roi du silence (le grand gagnant à tout coup), le hot-dog, la routine de l’astronaute, la pizza… Aussi, de leur demander de vous faire un massage les occupe calmement tout en vous faisant du bien (ou presque!). Chose certaine, ils vont finir par s’endormir, et habituellement le 2e film est plus tranquille!

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4 – Le Tetris

C’est ici que la partie devient plus intéressante! Tout le monde dort et il faut ramasser les choses et remettre les petits êtres vivants et endormis dans leurs sièges sans les réveiller! Bébé étant dans mes bras, je dois attendre que son siège se libère de la montagne d’éléments variés pour tenter de l’y attacher. Et non, je n’ai pas réussi mon coup! La voilà qui hurle sa vie et menace de réveiller les 3 autres… Vite, une gorgée de lait! Et là imaginez moi, allaitant ma petite de 4 mois qui est attachée dans son siège d’auto… Ce n’est pas d’un chic fou, mais ça marche, elle dort! Pendant ce temps, Papa libère le 2e siège d’enfant qui se trouve sur la 2e rangé et y installe Éloi. Il a plus de succès que moi, il dort! Au tour de Charles-Azarie de se faire déplacer, tout enroulé dans les couvertures, sur la chaise longue en dehors de la mini-fourgonnette en attendant que son siège soit réinstaller. Ensuite, on glisse Laeticia d’un bord de la valise pour relever son côté de banquette et y installer son booster (suivis de Laeticia bien sûr). Encore une fois, Papa réussit son transfert! Il reste donc un siège à installer, et Charles-Azarie à transporter jusque là sans le réveiller… Pour ceux qui ont une Mini-Fourgonnette, vous savez que cette dernière épreuve nécessite une bonne force physique, et des qualités de gymnaste! Bref, encore une fois, le transfert est réussi! Bravo Chéri! Allez hop, on fini de ramasser le tout rapido presto pour finalement souligner notre efficacité parentale avec un gros « high five » complice. Il est alors 1h30 am.

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5 – Retour à la maison

Il est 2h am, et l’équipe parentale est épuisée. Je ramasse Béatrice et quelques sacs. Papa ramasse Éloi et quelques sacs. On se regarde, et en coeur on dit : « OK les enfants, tout le monde debout, on rentre à la maison se coucher! Go!Go!Go! ».

Vous avez le droit de rire! Mais bon, les deux plus lourds se retrouvent au fin fond de l’auto, et on a tout donné à l’étape 4! Alors on les regarde tituber jusqu’à leur lit, ce qui est toujours un moment rigolo pour les parents, et qui vaut amplement les grognements!

Et chanceux que nous sommes, il est 9h30 et ça dort encore!

Sur ce, bon ciné-parc!