BABI! Oui?

Voilà un terme que l’on entend de plus en plus souvent, BABI. Pour ceux et celles qui ne savent pas de quoi je parle (tant mieux pour vous!), le terme signifie « Bébé Aux Besoins Intenses ». Il est facile de reconnaître les BABI, vous n’avez qu’à regarder l’épuisement dans les yeux des parents!

Mon premier fils en était un BABI. Dès sa naissance, il hurlait et pleurait énormément! Être dans mes bras n’était pas suffisant, je devais marcher en sautillant d’un bout à l’autre de mon appartement, et ce chaque jour, dès 17h jusqu’à 23h… Manger chaud était un luxe, tout comme dormir plus d’une heure d’affilée.

Le médecin disait qu’il faisait un peu de reflux, et donc je devais lui donner X produits. J’étais stupéfaite par la rapidité à offrir un traitement alors qu’aucune investigation n’avait été faite par le médecin. En moins de 5 minutes, j’étais sortie de la salle de consultation avec ma prescription.

C’est un peu comme de dire :

– « Les feuilles des arbres sont à l’envers, pourquoi donc? »

–  » Il va pleuvoir, sans aucun doute! »

Ça ne peut pas être parce qu’il vente fort ou parce que c’est humide dehors, mais non, c’est parce qu’il va pleuvoir, et ce, malgré le soleil mur à mur!

Comme c’est un médecin, on ne le remet pas en question et on fait ce qu’il dit. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que son produit X n’a rien changé au mal de mon enfant.

Mon fils avait la peau du visage rouge et irrité, on me disait que c’était normal, il fait ses dents. On me disait aussi que mon lait était le mieux adapté pour mon enfant, et que mon alimentation ne changeait rien à ce qu’il buvait. Que je ne devais pas le mettre au sein à la demande, que je ne devais pas l’avoir dans les bras tout le temps… On me disait de le laisser pleurer la nuit, qu’il était capricieux et que j’allais le gâter. Bref, on me disait bien des choses et moi, j’étais mélangée. Je souhaitais donc faire le meilleur pour mon enfant et être une bonne maman! Mais avoir un bébé qui pleure autant nous fait perdre tous nos moyens… On se sent impuissant et incompétent. Et le pire dans tout ça? On oublie de suivre notre instinct.

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Au fil des années, les pleurs ont diminué et ont fait place à d’autres éléments. Il ne dormait pratiquement pas, sauf le matin. Il chignait tout le temps, sauf le matin où il était heureux et jovial. Il avait des cernes mauves sous les yeux, il avait tout le temps des gaz nauséabond, sa peau était rugueuse (un peu comme celle d’un poulet déplumé)  et il n’arrivait pas à écouter les consignes. Pour lui, d’aller s’habiller était trop vague. Je devais lui dire « met ton bas droit », en restant à ses côtés pour m’assurer qu’il garde le focus sur l’objectif habillage! Je ne l’avais peut-être plus aussi souvent dans les bras, mais c’était tout aussi exigeant! TDAH? Probablement, oui!

C’est en fouinant sur internet que je suis tombée par hasard sur un groupe de maman qui parlait d’intolérance alimentaire, et des multiples syndromes possibles. C’était mon fils que l’on décrivait là! Des tonnes de témoignages de mères de BABI qui ont vu un changement drastique chez leur enfant après avoir modifié leur alimentation. Il fallait que j’essaie! Et si le coupable se trouvait là!?

J’ai demandé une helper qui m’a aidée à réorganiser mon frigo et à reconnaître les mots pouvant dire « lait de vache » sur les produits. C’était la base, on coupe TOUS les produits laitiers. Si ça ne fonctionne pas, on coupe les protéines bovines, vient ensuite le soya, et ainsi de suite. Une montagne surmontable avec de la motivation et un bon soutien!

Au troisième jour de son régime d’éviction des produits laitiers, j’ai demandé à mon fils de s’habiller. Comme à l’habitude, je répète. Mais pour la toute première fois, il me répond « Oui maman, j’ai entendu. Je veux juste ranger ce jouet avant ».

En seulement une semaine, mon fils dormait la nuit dès que je le couchais. Il était calme et écoutait 85% des consignes que je donnais. Il se concentrait mieux à la garderie, restait assis lors de l’histoire et écoutait les consignes de son éducatrice. Au grand plaisir de tous, ses gaz aussi ont disparu.

Les cernes mauves et sa peau rugueuse ont pris pratiquement 1 mois à partir, mais c’est parti!

J’avais un nouvel enfant! Un enfant en qui j’avais confiance pour sa rentrée scolaire (moi qui avais si peur d’avoir une note du professeur disant « Allez consulter, il a besoin de Ritalin! »). Enfin, il respirait le bien être!

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Quelques jours après la naissance de Béatrice, l’histoire se répétait. Difficulté à dormir, mucus dans les selles, pleurs intenses, régurgite, bras, bras et bras… Elle aussi était une BABI. Vous comprendrez que je n’ai pas hésité un instant à changer mes habitudes alimentaires afin de vérifier si mon alimentation n’influencerait pas sa digestion! Il ne fallut que quelques jours pour que ses nuits soient faciles et qu’elle ne pleure plus outre mesure. Si par mégarde je me trompe dans mon régime d’éviction, en quelques heures son attitude change drastiquement. Elle pleure, est impatiente, se réveille aux 30 minutes la nuit, la peau de son visage devient irrité et rouge… Tout pour me confirmer que le régime est là pour les bonnes raisons!

Les cas de BABI qui sont liés à une sensibilité du système digestif du bébé sont beaucoup plus fréquents que l’on pense et malheureusement très mal documenté! Cependant, les témoignages affluent en ce sens : les BABI ou tout autre désordre du comportement, peuvent avoir un lien direct avec l’alimentation du bébé! Dans mon cas, c’était 2 en 2!

Une étude a été faite sur les conséquences de la non-digestion de la caséine (Lait) et du gluten (Blé), en association avec les métaux lourds (dans l’air, produits de santé et beauté, aliments…) auxquels sont exposés nos enfants. Je vous invite à y jeter un coup d’œil afin de mieux comprendre le phénomène.

Je ne dis pas que votre enfant n’est pas un BABI pur et dur. Je ne dis pas que c’est LA solution à votre problème. Je dis simplement qu’il y a peut-être une cause à tout cela. Et si votre enfant avait lui aussi une intolérance alimentaire? Ça vaut le coup d’investiguer, non?

 

P.S. Sur le groupe Facebook dont je vous parlais plus haut, il y a une tonne de fichiers riche en information pertinente sur le sujet. Comment lire les étiquettes, les allergies croisées, des idées repas, liste d’épicerie, journal de bord pour maman et bébé, et j’en passe. Une véritable mine d’or où vous trouverez tout sur les allergies et les intolérances alimentaires et surtout, de l’aide pour vous y retrouver! De plus, ce groupe milite pour offrir des milieux de garde sécuritaire pour les enfants intolérants / allergiques. Visitez le site de l’organisme au http://universgranolo.org/

 

 

 

 

 

 

Post-Partum 101 (ou l’art de ne pas être la cause de la dépression de sa femme…)

Messieurs, ce billet est pour vous. Je souhaitais tout d’abord souligner votre courage et votre force à soutenir votre conjointe tout au long de la grossesse. Soyons honnête, une femme enceinte, c’est assez dur à vivre! Les sautes d’humeur, la fatigue, les effets secondaires, les grossesses difficiles, les demandes spéciales qui sont bien souvent exagéré (allons les filles! Le beigne au chocolat à 3h du matin, c’est ce qu’on peut appeler une demande exagérée!). Vous êtes capable de tenir le fort comme nul autre, une chance que vous êtes là pour nous!

  1. Pour beaucoup d’entre vous, le jour de l’accouchement est un moment charnière, une délivrance. « Enfin, c’est fini, tout va redevenir normal! Je vais retrouver ma femme! » Je suis désolée de vous l’annoncer, mais non. On aurait du vous en parler avant, mais personne n’ose le dire tout haut : votre femme ne sera plus jamais la même. Ok, au fil du temps tu vas finir par la retrouver, mais pour le moment, elle est une maman. Elle doit veiller jour et nuit sur un petit être vivant, et sa plus grande crainte est de ne pas être à la hauteur. Elle apprivoise son nouveau rôle, et y plonge tête première. C’est sa priorité #1. Ses hormones crées de nouvelles connexion dans son cerveau et font la transition entre la femme et la mère. C’est fort, la nature! (Pour mieux comprendre le post-partum et ses enjeux, clique ici!)

Le hic est qu’en plus de toutes ses nouvelles notions à apprivoiser, il lui reste encore tout les « il faut » habituels : le ménage, le lavage, les repas, le linge à plier, le plancher à laver, la porte-patio qui doit être lavé, le jardin, les lits à laver, la vaisselle, les animaux de compagnie, les rendez-vous médicaux et j’en passe tellement… Lorsque ces choses ne sont pas au beau fixe, elle se sent dépassé, incompétente. Le complexe de Wonder Woman bat son plein.

Nous avons donc : « hormones » + « nouvelles notions » + « il faut ». À cela je rajoute l’aspect « conjoint ».

Je sais, après la grossesse, il est bien normal d’avoir hâte de retrouver sa conjointe! Soyons franc, le retour à la normale des relations sexuelles vous enthousiasme beaucoup! Après tout, le docteur vous a dit qu’après 1 mois, les relations peuvent recommencer! Le jour « J » est pratiquement inscrit à l’agenda, non?! Et bien messieurs, ce n’est pas tout à fait comme ça que ça fonctionne, la nature… Votre femme est fatiguée d’une fatigue que même une bonne semaine dans le sud ne remettrait pas sur le droit chemin. Elle se donne corps et âme pour faire fonctionner la dynamique familiale. Ses hormones font en sorte que c’est le dernier de ses soucis, le sexe. L’allaitement joue également un rôle dans la baisse de libido! Une femme ne lubrifie pratiquement plus à cause de l’allaitement. Pour faire ça court, son corps fait tout en œuvre pour qu’elle ne tombe pas enceinte à nouveau. Dans la nature c’est bien beau, mais dans une relation de couple, c’est une épreuve Olympienne! Au fil du temps, il est bien normal de se sentir délaissé, et de se demander si votre conjointe vous aimes encore… Oui, elle t’aime, mais pour cette période de sa vie, la sexualité n’a aucune importance. D’insister ne fait qu’accroître sa culpabilité et la sensation de ne pas être à la hauteur… Certains diront que sans la sexualité, le couple ne fait que se distancier peu a peu. D’autres diront que plus on en fait, plus on à le goût. Oui, vous avez raison! Mais ça ne s’applique pas dans ce cas ci, puisque tout ceci est hors de son contrôle. Seul la patience est de mise! Ça peut durer des mois avant de revenir à la normale. Il peut y avoir des rechutes également. Profitez des moments, sans vous dire d’emblée que la machine est repartie. Sachez par contre que la sensualité est votre plus grand atout! Bien qu’il peut être difficile de vivre des rapprochement sans pour autant « aller jusqu’au bout », votre femme appréciera votre compréhension et votre respect envers elle, tout en se sentant désirée. J’en profite pour vous glisser un lien concernant le consentement sexuel. Je sais, c’est direct comme fait, mais même si c’est votre femme, sans son consentement, c’est un viol.

Je vous offres également une série de piste de petits éléments qui peuvent vous sembler banal, mais qui pourrait vous faire gagner des points bonis, et aider votre femme du même coup!

  • Vous partez travailler tôt, juste avant le boire du matin de bébé? Profitez en pour offrir à votre femme de changer la couche de bébé afin qu’elle puisse rester au lit!
  • Incitez là à se coucher plus tôt le soir et gardez le fort. Quelques heures de sommeils supplémentaire peuvent être salutaire!
  • Lors de votre émission favorite, profitez en pour plier du linge!
  • Faites le souper! La majorité des grands chefs de ce monde sont des hommes! Vous avez un talent naturel pour la nourriture, faites en profiter la famille!
  • Une brassé de terminé dans la laveuse? Mettez-là à la sécheuse! Et tant qu’à y être, partez en une autre!
  • Participez aux tâches ménagère! Une maison propre et un conjoint aidant sont d’excellents aphrodisiaques!
  • Lorsqu’il y a des jouets ou des vêtements qui traînent sur votre chemin, penchez-vous pour les ramasser. Un minimum d’effort qui est très remarqué!
  • Ne la comparez pas à votre mère
  • Soyez à l’écoute.

Ayez de la compassion, et ne jugez pas ce qu’elle vit. Ces changements ne sont pas toujours facile à assimiler. Gardez en tête que vous avez décidé de faire d’elle la mère de votre enfant. Ses changements, elle les vit en partie à cause de vous. Mettez l’amour et le respect au premier plan. Cette vision de votre couple pourrait faire la différence entre un post-partum heureux ou un post-partum désastreux. 

Et de grâce messieurs, ne soyez pas la cause de la dépression post-partum de votre conjointe, mais plutôt le remède. Que votre présence soit un soulagement et non une torture! ♡

Free the Baby est d’abord et avant tout un mode de vie, un mouvement visant l’intégration des familles au sein de la société, la sensibilisation face au post-partum et ce qu’il implique chez la mère et sa famille. C’est par le biais de son site Web et de son groupe Facebook que le mouvement encourage les familles à sortir et à vivre pleinement les joies de la parentalité. Conseils, trucs, astuces, témoignages, soutien et respect sont la base de mouvement. L’entreprise offre également une gamme de produits de qualité répondant aux besoins du parent « Free the baby » : casques protecteurs assourdissant, suck pads, colliers de dentition, porte-bébé à poche, porte-poupée, etc. Faites une différence et rejoignez le mouvement ✊

L’histoire d’une douche…

​Ça fait 3 nuits (et jours) que bébé est enrhumé, et elle ne veux que maman sans arrêt. Du genre « fusionnelle » sans oublier les nuits pratiquement inexistantes. J’adore répondre aux besoins de ma fille, je travail fort sur mes projets tout en portant Béatrice au dos toute la journée, mais avec 4 enfants et les 3h de dodo raboutés dans le corps, la patience a ses limites et surtout mon besoin de prendre une douche était à son apogée! Béatrice ayant donné le coup de grâce en régurgitant sur mon dos (maintenant je comprends celles qui ont plusieurs écharpes!), plus question de remettre la chose au lendemain. Hier soir, j’essaie donc de laisser ma poulette à son papa le temps de me décrasser. À peine est-elle dans ses bras qu’elle hurle sa vie de son peu de voix. Oublier la douche? Pas question, il y a toujours bien des limites à étirer la sauce! Je pars donc avec elle sous la douche… First je dois trouver une position pour moi et bébé qui est au stade « pas stable sur ses fesses ». C’est donc assise dos au jet, bébé sur mes jambes repliées que je me lave les cheveux du mieux que je peux avec le shampooing pour bébé histoire que si jamais une goutte de savon va dans ses yeux, ce ne soit pas catastrophique. Au moins, ils sont lavés! Vient ensuite le body. Avec bébé dans les bras, armée de ma houpette, j’essaie de laver un bord (et oui, se laver l’aisselle droite de la main droite, ça se fait!), rincer, changer bébé de bord, rincer… Au « yâbe » le rasage, il y a toujours bien des limites à mes capacités de Wonder Woman, surtout avec le niveau de fatigue auquel je fais face, même les bic « Soleil » sont une arme redoutable… Toujours est-il que finalement, on relax, collées sous la douche. Je suis toute fière et heureuse d’être propre. Si je le pouvais, je me ferais un gros high five. Avant qu’il ne soit trop tard, et que mon niveau d’énergie (et de motivation) fasse défaut (et que je finisse par dire « ah pis de la m… je dors ici! »), je sort de là et nous sèches avec la seule serviette qui reste dans la salle de bain, soit la mini serviette de fraisinette avec une capuche en plein centre. Au moins, on est sec! Et c’est à ce moment que je remarque dans la baignoire des gouttes jaune rouillé… Mais voyons, c’est quoi ça? Je m’approche pour vérifier d’où ça a pu couler, pour finalement constater que ça a coulé de mon bébé… Ce n’était pas de la rouille, mais bien du caca! Ça fait que… On recommence…!

La nature des choses

Hier j’étais heureuse, je pensais que la tempête était terminée. J’étais épanouie et bien dans ma peau. Pourtant ce matin, le blues me prend, encore une fois. On ne repart pas à zéro, mais c’est tout comme…

Personne ne le sait, sauf moi. Lorsque j’en parles, on me dit : « Ah… ah bon. Ça ne paraît pas… » avec une petite touche d’incompréhension et de scepticisme. C’est bien ça aussi le problème. Un mal en dedans, même si l’on ne fonctionne plus comme on le devrait, les autres n’en ont aucune idée. Pourtant, il y a bel et bien quelque chose en nous qui est brisé.

Si j’étais une maison, l’inspecteur dirait que ma fondation est fissurée, que ça se répare, mais qu’elle peut revenir. Que la fissure peut être plus importante que ce que l’on voit, et dans ce cas, c’est toute la structure qui peut en être affectée. Est-ce que la réparation va tenir bon? Combien de temps? On ne sait pas, mais l’historique reste la même : bobo en dedans.

Je me suis demandé d’où ça vient, le mal. Pourquoi un moment ça va, et l’autre non? Pourquoi soudainement tout devient aussi grave et pesant au plus profond de mon moi? Ça va durer combien de temps ce manège? Oui, ça touche tout mon entourage. Mais la personne qui en est le plus affectée, c’est bien moi…

Et j’ai compris…

Nous sommes tellement pressés et habitués de « tout avoir au bout d’un clic », que tout élément de notre vie doit avoir une date de fin établie, surtout les choses les moins heureuses. Le dodo est à une heure établie, la grippe doit durer une semaine, la date d’accouchement est établie (et si l’on dépasse on s’inquiète comme si on n’allait jamais accoucher!), et même lorsqu’un de nos proches est sur le point de partir, on demande « Combien de temps il lui reste? »…

La réalité en est tout autre, et malheureusement nous avons oublié notre véritable nature. Le temps est un concept moderne que l’on a inventé pour des raisons évidentes, mais qui n’ont rien à voir avec la nature. Pensez à votre enfant, à quel point le temps lui importe peu, tout ce qui lui importe c’est le moment présent et le plaisir qu’il en tire. Il vit sans se soucier de la minute qui vient. L’heure du coucher? S’il n’a pas sommeil, c’est le dernier de ses soucis! Il profite de la vie, tout simplement. Entre nous et notre enfant, sur ce point, c’est lui qui a raison.

Aujourd’hui, j’ai compris que je dois prendre mon mal en patience (et l’expression prend vraiment tout son sens ici!). Je dois respirer calmement, et accepter le fait qu’aujourd’hui c’est comme ça, et je dois chercher à trouver le plaisir plutôt que de subir la gravité. Faire de mon mieux au quotidien et je me dis que demain est un autre jour. Je ne peux rien y changer dans l’immédiat, alors je tâche de le vivre sans me laisser envahir par cette lourdeur accablante. Je m’occupe l’esprit, je chasse la dépression en me donnant le droit de jouer avec mon bébé malgré le linge à plier, malgré le balai à passer, malgré la vaisselle à faire. Je me donne le droit de prendre une marche et de profiter de l’automne. C’est rassurant de savoir que tout ça existe réellement, et que ce n’est pas « juste dans ma tête ».

Octobre – Les Cowboys Fringants

Y’a tout l’temps quatre ronds d’allumés
Sur l’feu d’mes ambitions
A force de m’dépasser
J’me perds moi-même dans l’horizon
S’en faire pour tout et rien
Jouer du coude pour garder sa place
A vivre que pour demain
Je n’fais que survoler mes traces

Et octobre vient de passer en coup d’vent
Une autre année où je n’ai pas pris le temps
De voir l’automne s’effeuiller tranquillement

Il n’y a point de repos
Pour l’éternel insatisfait
Ceux qui en veulent toujours trop
Récoltent souvent que des regrets
Y’a des jours où j’me dis
Que je marche à côté d’la vie
Je la salue de loin
Sans jamais croiser son chemin

Et octobre vient de passer en coup d’vent
Une autre année où je n’ai pas pris le temps
De voir l’automne s’effeuiller tranquillement

Toujours plus vite, être à la course
Exister sur le pouce
Pogné dans l’tourbillon
Je pédale après quoi au fond
On veut tous s’arrêter
Mais on est happés comme des cons
Par ce monde de cinglés
Qui fait qu’on regarde plus les saisons

Et octobre vient de passer en coup d’vent
Une autre année où je n’ai pas pris le temps
De voir l’automne s’effeuiller tranquillement…

À chaque fois que j’entends cette chanson des Cowboys Fringants, je trouve notre réalité triste et notre existence futile. Peut-être que la dépression post-partum a du bon en fait, si elle fait en sorte que l’on s’arrête pour profiter de l’instant présent avant que l’enfance de nos protégés nous glisse entre les doigts. Une cause à effet de notre rythme de vie effréné, un gros « STOP » que nous impose la vie avant qu’on passe tout droit. Le moment de se réinventer et de trouver notre rythme.

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Octobre 2016, randonnée au Mont Saint-Hilaire. Béatrice a 9 mois.

Je sais que ce n’est pas une tâche facile, de chercher à voir le bon quand ça ne va pas, mais au bout du compte, on s’en sort grandit et plus fort.

Il faut se donner le droit d’en parler, se donner le droit de ne pas bien aller. Aller chercher de l’aide n’est pas synonyme de faiblesse, mais de force.

Si tu recherches le soutien et le courage de sortir de ta routine, le groupe Free the Baby est là pour toi. ❤

 

 J’ai entendu dire que pour les Amérindiens, les montagnes sont magiques. Lorsque l’on a un problème, il suffit de gravir une montagne pour voir ce dernier disparaitre. L’ascension est salutaire et nettoie le corps et l’esprit. Plus haute est la montagne, plus son effet sur vous est grand.

 

 

 

Je n’ai pas honte de le dire…

Je suis devenue mère assez dramatiquement, rien n’aurait pu soupçonner une fin de grossesse aussi drastique…

Je suis l’une de ces chanceuses en qui la vie arrive en moi facilement. Comme on le dit souvent moi et mon mari, il me regarde et je tombe enceinte! Ma première grossesse s’est bien passée, sans nausée ni gros pépins. Nous avions prévu un accouchement à l’hôpital, et mon médecin de suivis était des plus agréable. Un jour, alors que j’étais dans ma 36e semaine de grossesse, les Braxton Hicks ont fait place à de vraies contractions douloureuses… Déjà? Bébé voulait arriver, et ce, 1 mois à l’avance… L’inquiétude m’envahissait, ai-je fait quelque chose de mal? Suis-je une mauvaise mère avant même l’arrivée de mon bébé? La culpabilité régnait, le petit tour de tracteur que j’ai fait lors de la journée porte ouverte des fermes… C’est de ma faute si bébé arrive aussi tôt, j’en suis certaine…

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J’ai eu 3 jours de contractions aux 5 minutes. Vous pouvez vous imaginer à quel point j’avais envie de l’épidurale lorsque je suis arrivée à l’hôpital! Je me souviens du moment exact où l’anesthésiste m’a fait l’injection. Je regardais mon conjoint dans les yeux, et non, ce n’était pas des yeux amoureux! 30 minutes plus tard, je dormais tranquillement. Enfin un peu de repos dans cette douleur intense… Une infirmière est arrivée et m’a injecté quelque chose. Je ne sais pas quoi, parce qu’à l’hôpital on ne nous parle pas vraiment. On subit, parce que nous on sait pas. Et bien pour subir on a subi en tabarouette. L’infirmière s’était trompée. Trop grosse dose d’un produit inutile à ce moment du travail. La contraction n’arrêtait plus, mon placenta a décollé comme un sparadrap que l’on veut arracher le plus vite possible. Ça équivaut à trancher la jugulaire de la maman et du bébé. Les infirmières se rendent comptent de l’erreur, et une mare de sang se répand sur le sol. Bébé est en détresse et maman aussi. J’ai eu droit au grand plongeon du docteur, celui qui est fait d’urgence lorsque l’on ne peut se rendre à temps en salle d’opération. Bébé a été arraché de mon ventre et installé sur la table de réanimation. Les plus longues 7,30 minutes de ma vie. Je remercie la vie tous les jours qu’il ai finalement pris son premier souffle. Il a ensuite été amené à la pouponnière, où ils ont décidé de le transférer dans autre établissement. Mon mari m’a amené en catastrophe en fauteuil roulant pour intercepter la civière de mon bébé avant qu’il quitte en ambulance. C’était la première fois que je voyais mon bébé, la première fois où je lui ai pris la main. Cette toute petite main au bout de mes doigts, si loin, tout au fond de l’incubateur… Je lui ai demandé de tenir bon, et de me revenir pour que finalement je puisse le prendre dans mes bras.

 

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Bébé est donc parti de son côté, aux yeux de tous mes proches qui sont venus célébrer la naissance, sachant que j’accouchais. Mon mari m’a reconduit à ma chambre pour que je me repose. Dans ce long corridor, où j’entendais des bébés pleurer dans chacune des chambres, il me demande doucement : « Est-ce que ça va? » Est-ce que ça va?… Dans un murmure, je lui réponds : « Non… J’ai une tuque, j’ai des petites pantoufles (parce que oui, les infirmières ont osé me remettre ces premiers effets), mais je n’ai pas de bébé… Non, ça ne va pas… » Il devait y avoir 20 personnes dans ma chambre ce jour-là, et pourtant on pouvait entendre une mouche voler. Ma mère arrive à son tour, avec aucune idée de ce qui pouvait bien se passer. J’ai beau être une femme, une adulte étant maman à son tour, j’avais besoin de ses bras et de son réconfort plus que tout. J’ai fondu en larme, hurlant ma douleur. Elle me disait au creux de l’oreille que ça va aller, la voix tremblante… Pour ensuite sortir de la chambre et s’effondrer à son tour, en secret.

J’ai rencontré mon fils alors qu’il avait 52 heures de vie. J’ai enfin pris mon bébé dans mes bras. Quelle joie de sentir ce petit être chaud sur moi! Merci la vie! Et à 58 heures de vie, l’hôpital nous mettait dehors, ils avaient besoin de la chambre. Encore une fois, le personnel hospitalier avait oublié qu’il traitait des humains et non des numéros.

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Mon retour à la maison n’était pas facile. Mon bébé était un BABI (bébé aux besoins intenses). Outre les douleurs causées par l’accouchement, l’allaitement me faisait souffrir (à en avoir les orteils qui frisent à chaque tétée) et les nuits étaient inexistantes. Lorsque mon conjoint a dû retourner travailler, j’ai sombré dans une déprime assez importante, mais ça, je ne pouvais me l’avouer, et encore moins en parler! Voyons donc, ton bébé est là! Tu devrais être heureuse et pimpante de joie! Mais non, j’étais terne et triste. Je vivais que pour mon bébé, oubliant de manger et de me doucher. Lors des vaccins, j’ai passé des tests au CLSC afin de voir si je souffrais de dépression post-partum. Bien sûr, j’ai menti. Avoir mal en dedans, souffrir dans ma tête? C’était une honte, et il n’était pas question que quelqu’un le saches voyons… Mon mari fut patient, très patient. Il essayait de m’en parler et de m’aider, mais j’étais fermée à l’idée d’avoir besoin d’aide. Je lui disais simplement : « J’ai hâte de me sentir comme une maman ». Bien que je m’occupais très bien de mon bébé, je ne me sentais pas épanouie. Je ne sentais pas que ce rôle m’appartenait. J’étais déjà suivi par une psychologue à cause de la naissance extrême de mon fils, et elle n’a jamais remarqué ma détresse. C’est voir à quel point il est difficile de diagnostiquer la dépression Post-partum! J’ai joué une façade longtemps. J’ai été seule longtemps… Les amies ne veulent pas téléphoner et déranger. Elles savent que bébé est difficile et ne veulent surtout pas courir le risque de me réveiller et/ou réveiller bébé, alors on appelle plus. Pour finalement en venir par ne plus se voir du tout… J’ai vécu une autre grossesse, et un autre accouchement (en maison de naissance cette fois!). Encore là, mon moral jouait au yoyo. Je n’étais pas tout à fait rétabli, et je le savais. Ce qui me faisait du bien? De sortir de chez moi, de travailler, de faire des activités. Même d’avoir la psy à la maison me faisait, du bien!

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J’ai donc continué dans cette voie, en cherchant à me faire de nouveaux amis, en sortant le plus possible avec les enfants. Le social me redonnait confiance en moi et en mes capacités de maman. Oui, c’était du sport, mais j’étais fière de moi. Fière à chaque fois où je me battais contre moi même pour sortir et vaincre ma solitude, fière d’enfin reprendre goût au bonheur. Mais au fond de moi, il restait encore un petit tas de braises menaçant de s’enflammer à tout moment.

Lorsque je suis tombée enceinte de Béatrice, j’ai finalement demandé un nouveau suivi en psychologie, et ce pour traiter la dépression post-partum. J’étais prête, j’avais enfin assumé, 4 ans plus tard, que je ne passerais pas au travers sans aide professionnelle. Par chance, j’avais ce suivi lorsque l’incident au Centre Bell est survenu! Il est facile de démolir quelqu’un avec des mots, de l’autre côté de son écran. Non seulement au Québec, mais l’Amérique au complet et même au-delà, des gens ont entendu parler de cette histoire. Je me suis fait lancer des pierres par beaucoup trop de gens de partout sur la planète! Tout ça parce que j’avais décidé de sortir et de vaincre la solitude. Parce que cette fois, j’allais vaincre la dépression… C’est drôle, parce qu’encore en ce moment, en écrivant ces lignes, j’ai honte de le dire. Oui, depuis bientôt 5 ans je suis en dépression Post-partum.

Mais ce que je n’ai pas honte de dire, c’est que je suis suivi. Je me soigne. J’en ai besoin et ça me fait du bien. Ce suivi m’a appris beaucoup sur ce tabou, ce qui m’aide à comprendre ce qui se passe chez moi, et à mieux vivre avec tout ça. Enfin, je l’accepte, et j’espère aider d’autres femmes à passer au travers cette période. D’accepter ma situation et aller chercher des soins professionnels a été l’un des plus beaux cadeaux que j’ai pu faire à moi et à ma famille.

Je souhaite de tout coeur qu’en lisant ceci, toi qui as le blues au fond de l’âme tu aies la force d’en parler et d’aller chercher de l’aide. Mets la honte de côté et parles-en. Et toi qui as une nouvelle maman dans ton entourage, n’hésite pas à l’appeler et à la déranger. N’hésite pas à insister pour la faire sortir de chez elle, pour lui amener un café, pour lui faire une « surprise party », pour lui dire que tu es là pour elle et que tu l’aimes. Ça ne peut que lui faire du bien.

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Faites partie du mouvement, brisons le silence et l’isolement. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que post-partum n’égale plus dépression.

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